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Réparer sa voiture aux Etats-Unis: expérience d'un français

Aujourd'hui, j'ai repris le Judo. Cela se sent tout de suite, car je me suis fait broyer le genou par un chinois qui devait peser au moins 200 pounds (95 kilos). Mais, bon cela fait du bien de transpirer un peu, et puis cela détend.

Je voulais vous dire que j'avais réparé ma voiture ce WE. Rappelez-vous, on me l'avait vendue avec les roues arrières pas droites. A partir de 60 miles/h elle commençait à danser la samba…

J'ai pris mon temps car je voulais trouver un bon garagiste et honnête, de surcroît. C'est chose faite avec monsieur Cotton, 85 balais et toutes ses dents (enfin presque). Je suis allé dégoter ce garage au fin fond de la ville sur un conseil d'un autre garagiste que j'ai saoulé (de questions). Il ne paye pas mine, mais voir qu'il réparait les bus de ramassage scolaire était plutôt bon signe. Lorsque nous avons regardé sous la voiture, monsieur Cotton m'a paru deux fois plus ridé par la grimace qui déformait son visage. Ses mécanos aussi.

Je me doutais bien de ce qui c'était passé, mais j'attends leurs explications pour en avoir le cœur net.

- La voiture a été sévèrement accidentée sur le quart arrière gauche…

- OK.

- Alors pour la réparer bon marché, ils ont découpé le quart accidenté, et l'ont remplacé par un autre.

- Pardon ?

Monsieur Cotton me mime avec de grands gestes désolés : ILS ONT DECOUPES UN BOUT, ET PUIS ILS EN ONT SOUDE UN AUTRE.

Ca va, j'ai compris.
Ca craint.

Je viens de me prendre une belle baffe. La voiture n'est plus vendable, et je ne peux la conduire dans cet état. Je lance à monsieur Cotton mon regard le plus implorant, celui qui apitoierait un crocodile en grève de la faim.

- And it is possible to repair this fucking… car ?

- Everything is possible sir, it depends how much money you are willing to put on it.

Ben voyons, on revient toujours à la même question.
Alors là je pose les deux questions que je pose le plus souvent au Texas :
     
Combien ?
Et combien de temps ?

Concertation avec les mécanos, monsieur Cotton bouste le potentiomètre de son sonotone. VAS Y PEPE !

Les mécanos ont vraiment l'air de chercher une solution technique pour réparer ce châssis. Cela doit ressembler à un challenge pour eux, quelque chose que l'on doit accomplir dans sa carrière de mécanicien.

La réponse vient comme une délivrance : 350 dollars et une bonne journée de travail.

Il est évident que vu la tronche de la voiture, c'est cadeau.

Je viens d'assister à la Rédemption du Texas.

J'exprime toute à ma gratitude à ce bon monsieur Cotton (il faudrait qu'il mette un peu d'ordre dans son garage quand même). Ces gens m'aident, et cela fait chaud au cœur. Je suis heureux. Le mécano, un grand type taillé comme un buffet normand, me dit qu'il va bosser dessus comme un malade pour me rendre une voiture aussi sûre qu'une poussette.

Sympa Man.

Je suis revenu prendre ma voiture le lendemain. Il y avait deux beaux calendriers à l'intérieur en cadeau. Ils ont fait un boulot admirable. La voiture tient parfaitement la route. Pour m'en persuader j'ai claqué un 170 sur la Highway en lâchant le volant.

J'ai fait confiance au mécano.

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